« Je viens de la ligne. De ce geste brut, parfois instinctif, qui sépare et relie en même temps, qui crée un espace à partir de presque rien. Avant la peinture, il y a eu le mur, la ville, le tracé rapide, le temps compté. Dans cette série, c’est ce geste fondateur que je convoque. Je ne peins pas pour représenter, je construis pour faire surgir une énergie, un rythme interne, un territoire mental.
Cette série s’est construite avec peu : noir, blanc, gris, structure, tension, effacement.
Ces contraintes sont une liberté. Elles obligent à aller à l’essentiel, à composer comme on bâtit : couche après couche, décisions après reprises, ajustements après ruptures.
Mes peintures se construisent dans l’effort, dans la densité. Elles portent les traces de leur propre fabrication : rien n’est dissimulé, les hésitations comme les affirmations restent visibles. C’est un travail frontal, physique, où chaque forme doit justifier sa présence.
Je n’oppose pas le chaos à l’ordre : je cherche leur cohabitation. Mes compositions avancent, reculent, s’équilibrent puis vacillent. Elles sont construites, mais jamais closes. Elles tiennent debout, comme une architecture intérieure en perpétuelle mutation.
L’écriture n’a jamais totalement disparu de mon travail. Elle s’est transformée. Elle n’est plus langage lisible mais structure profonde. Elle agit comme une mémoire enfouie, une trace des origines. Les fragments d’écriture ne sont que résidus volontaires, une tension entre visibilité et effacement. J’écris sans mots. Je construis sans plans. Je cherche un langage sans alphabet. »
Olivier SWIZ
Vit et travaille à Paris, France.


Vestiges de plan, 2025
120 x 81 cm, acrylique sur toile

Artefact, 2025
18 x 13 cm, Technique mixte sur papier

Fragment alphabétique 026, 2025
40 x 40 cm, acrylique sur bois
BIOGRAPHIE
Olivier SWIZ (Paris, 1983) développe une œuvre mêlant peintures construites et constructions peintes.
Issu du graffiti, il en conserve le lien au geste, à l’échelle et à la confrontation directe avec la surface. Sa recherche se concentre sur la structure visuelle : comment une forme tient, comment une composition s’articule, comment une tension devient visible.
À partir d’un vocabulaire restreint : lignes, masses, densités, géométrie. Swiz élabore des organisations spatiales proches de l’architecture. Sa peinture procède par couches et par décisions successives, sans décor ni narration, animée par un équilibre entre rigueur et sensibilité.
Il déconstruit également l’écriture : la lettre devient matière, schéma, charpente. Une typographie cryptée traverse ses œuvres comme une mémoire enfouie, une logique interne.
Ses travaux prennent de multiples formes : toiles, peintures murales, bas-reliefs, volumes en acier ou en bois, collages de papiers, affirmant la notion de construction comme acte plastique.
Son œuvre a été présentée dans de nombreux pays, notamment au MoMA Séoul, en France, en Allemagne, en Suisse et au Maroc. Son travail autour de la géométrie est actuellement exposé à la Fondation Vasarely d’Aix-en-Provence.
