Benjamin LAADING

Vit et travaille à Paris, France.

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« Je m'intéresse à la bombe de peinture aérosol en tant qu’outil artistique.

Cet outil moderne offre la possibilité de décoller du support vers l'infini... La sensibilité de son souffle matérialise le mouvement du corps dans l'espace, et cette spatialité se traduit par une densité de pigments, allant de la brume à la vague. C’est la distance entre le peintre et son support, la rapidité de son mouvement, qui définissent les « traits » de sa personnalité.

Cet outil n’invite pas seulement à peindre avec le corps, il est aussi lié directement à un phénomène d’expression libre et spontané à l’extérieur des cadres et des conventions, on ne saurait l’étudier sans prendre en compte le contexte socio-culturel qui accompagne son utilisation.

Ces nouvelles capacités techniques inspirent de nombreuses générations de jeunes esprits libres à sortir s'exprimer en peinture dans la vie, et à littéralement laisser une trace de leur passage. Cette pratique égocentrique rencontre immédiatement l'opposition de la communauté et en conséquence de ce rejet, cette expression devient de plus en plus sauvage. Dans ces circonstances, le peintre lui-même se trouve sous pression, et c'est cette pression qui le pousse à agir avec ardeur.

Un trait spontané, vif, est jeté sur la surface - on pourrait appeler ça le tracé direct - une peinture formée par ce contexte d'interdiction.

Le changement d’espace de l'extérieur dans son état sauvage vers l'intérieur dans le système des galeries, implique naturellement une mutation, une synthétisation : privée de sa liberté, sous quelle forme peut-on regarder cette peinture ? »

Effervescence, 2024

Effervescence, 2024

92 x 73 cm, encre et acrylique sur toile (vendu)

Insomnie, 2024

Insomnie, 2024

120 x 120 cm, encre et acrylique sur toile

Liminal, 2024

Liminal, 2024

65 x 50 cm, encre et acrylique sur toile

BIOGRAPHIE

Diplômé de la Villa Arson en 2008, Benjamin LAADING développe depuis une œuvre où la reproduction du trait de l’aérosol au marqueur devient une abstraction calligraphique.

Initialement marqué par la culture du graffiti, qu’il découvre adolescent en peignant clandestinement dans la rue, Benjamin Laading s’intéresse avant tout au geste, à la trace et à l’énergie du mouvement. Son travail se nourrit d’un va-et-vient entre l’univers urbain et l’espace du tableau, entre spontanéité et contrôle. Il déconstruit le tracé de la bombe pour mieux en révéler la richesse formelle, une constellation de points, une ligne démultipliée, une vibration suspendue.

Deux notions traversent toute sa recherche : le temps et l’espace. Dans ses fonds monochromes, denses et lumineux, il cultive des formes abstraites qui évoquent aussi bien des nébuleuses que des cellules, des paysages mentaux que des trajectoires graphiques. Par la répétition, l’étude, la maîtrise du geste, il rend visible une calligraphie sans alphabet, où l’écriture devient sensation.

Benjamin LAADING compose les hasards. La peinture en spray, imprévisible, se plie partiellement à notre volonté : on contrôle sa direction, sa distance, sa vitesse… mais l’intensité des gouttes et leur dispersion restent incontrôlables. Dans ces œuvres, l’artiste capte la mémoire du spray et en transforme la fulgurance en compositions sensibles. À l’encre, au pinceau ou au marqueur, il recrée des formes qui l’évoquent tout en s’en émancipant. Il trouve un équilibre entre le hasard du geste spontané et la maîtrise de la structure, en jouant sur les relations entre les lignes et l’ensemble visuel.