« Ressort. [ʁə.sɔʁ] nom masculin : ressort ; pluriel : ressorts Un dispositif élastique, généralement une bobine métallique hélicoïdale, qui peut être comprimé ou étiré mais reprend sa forme initiale lorsqu'il est relâché, utilisé principalement pour exercer une tension constante ou absorber les mouvements.
Chacun de nous est un ressort sous différentes formes. Comprimé, en expansion, prêt à bondir ou à se replier. Mais toujours sous tension. Sous tension pour revenir ou avancer. Pour briser l’état du moment. Pour bouleverser l’ordre des choses, utiliser la situation comme un point de départ ou, au contraire, la figer dans sa finalité.
Deux ans d’immigration. Deux ans à chercher de nouvelles formes et de nouveaux sens, littéralement à chaque instant. Dans le beau temps et dans l’absence du mauvais. Dans la présence de l’océan et son eau froide et inhospitalière. Dans l’impossibilité de revenir à un passé qui est déjà devenu un simple brouillard. Construire du neuf, tout réassembler et adopter une autre forme à partir de tout ce que j’ai appris et su. De tout ce que j’ai voulu dire et fixer. Dans un journal, sur Instagram, dans mes pensées et ma mémoire. Ne pas avoir peur de tout recommencer.
Récemment, alors que j’essayais de m’endormir, une image revenait sans cesse. Un arc comprimé qui réclamait mon attention. Je me tournais, m’enroulais dans la couverture et ressassais la même chose encore et encore. La tension que créait cet arc par sa forme. Il était compréhensible, simple, mais puissant. C’était un ressort. Mais à ce moment-là, je voulais juste dormir. En me réveillant le matin, je l’ai retrouvé à nouveau dans mes pensées. Il ne voulait aller nulle part, alors je l’ai accepté. À cet instant, j’ai pris une feuille de papier, puis une tablette et j’ai commencé à le formuler. Je l’ai transformé de pensée en forme, le libérant dans ce monde. Tout ce qui s’est passé ces deux dernières années m’est apparu clair et évident. Le désir de sortir du cadre, et même en reconnaissant cette impossibilité, au moins en donner l’illusion. Être dans une forme qui, par sa seule existence, démontre un courage suffisant pour non seulement changer, mais aussi dépasser les circonstances existantes. Ressort. »
Alex KUZNETSOV
Vit et travaille à Paris, France.


Spring (Ressort) 03-24, 2024
80 x 60 cm, crylique sur toile

Six Nine Five, 2025
160 x 130 cm, acrylique sur toile

Spring (Ressort) 02-24, 2024
80 x 60 cm, acrylique sur toile
BIOGRAPHIE
Alex KUVNETSOV est un artiste basé à Paris, originaire de Minsk, en Biélorussie. Il puise dans la culture urbaine et la spontanéité du graffiti une influence décisive sur son rapport au geste et à la matière. En 2010, une toile rouge vif aperçue dans une galerie de Hong Kong agit comme une révélation et le guide vers l’abstraction et l’expressionnisme gestuel. Depuis, peindre devient pour lui un dialogue entre mouvement et matière, contrôle et spontanéité.
À l’aide d’outils industriels comme des règles en aluminium, il superpose des gestes amples, créant des compositions où la matérialité de la peinture est centrale. Travaillant ici exclusivement en noir et blanc, il joue sur la transparence et les superpositions pour laisser le blanc affleurer, explorant ainsi les tensions entre densité et légèreté, opacité et lumière.
Sa pratique repose sur un dialogue entre présence et absence, où chaque couche de peinture enrichit la surface d’une profondeur vibrante. En explorant le geste et le contraste, il invite le spectateur à une expérience sensible, où l’émotion naît du mouvement et de la matière elle-même.
